Pour une Europe plus performante, réformer le système éducatif

« Il est fondamental de mener en Europe une réflexion sur l’éducation afin d’inverser les mentalités, encore très marquées par la peur du risque et de l’échec. En effet, le continent a beau avoir le vivier de talents le plus impressionnant du monde, il ne parviendra pas à capitaliser sur cette réalité si le système éducatif n’encourage pas une culture davantage tournée vers la prise de risque et l’innovation.

Une réforme en profondeur devrait ainsi être engagée, afin d’intégrer systématiquement l’innovation et l’esprit d’entreprise dans l’éducation à travers l’Europe. Cela se joue bien avant l’université, en commençant par les programmes scolaires des toutes premières années. Il est ainsi nécessaire que les écoles favorisent une culture qui renforce la confiance en soi. La société dans son ensemble devrait quant à elle créer un environnement propice à l’échec de nouvelles entreprises, comme à un apprentissage continu tout au long de la vie. Et tous les citoyens devraient désormais être encouragés à faire preuve de créativité, que l’on soit un enfant, une personne âgée, salarié, employeur ou fonctionnaire…

Abolir les frontières disciplinaires

Actuellement, le système éducatif européen est très performant dans la production des savoirs. Sans aucun doute, l’Europe sait faire de la science avec l’argent qu’elle investit dans l’éducation. Son problème vient de ce qu’elle ne sait pas faire d’argent avec la science, une fois que la recherche fondamentale a débouché sur des découvertes. Il faut donc brancher les connaissances sur l’innovation.

Au niveau des universités européennes, cela implique là encore de stimuler l’esprit d’entreprise et d’abolir les frontières disciplinaires. De solides collaborations entre les universités et l’industrie devraient devenir la règle et non l’exception. Regardez par exemple l’école polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse, qui est fondée sur des échanges permanents entre les entreprises et le monde universitaire, loin de la méfiance que l’on peut rencontrer dans d’autres établissements d’enseignement supérieur.

L’Europe ne va pas créer ex nihilo un campus comparable au prestigieux MIT de Boston, aux États-Unis. Mais elle peut s’appuyer sur des réseaux d’universités existantes.

Retenir les étudiants européens sur le continent

Un label “université européenne” clairement défini pourrait récompenser les instituts de recherche et d’enseignement supérieur qui promeuvent activement et avec succès la science ouverte, l’innovation et l’ouverture au monde. En contrepartie, l’UE pourrait leur offrir un financement complémentaire. Les projets de recherche et investissements européens devraient aussi inclure des activités de formation pour la prochaine génération de chercheurs et d’innovateurs, en particulier sur les compétences nécessaires à la science ouverte axée sur les données.

Cet ensemble de mesures permettrait de retenir les étudiants européens sur le continent, mais aussi d’attirer les étrangers, au profit de la recherche-développement européenne et donc des emplois de demain. »

https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/Europe-performante-reformer-systeme-educatif-2019-03-25-1201011175