Iran : face aux cris étouffés de liberté, refuser l’indifférence – par Anne-Gabrielle Heilbronner et alii

Le drame qui se joue en Iran n’a rien d’abstrait : il se vit dans les prisons, au coeur des familles endeuillées, dans l’exil forcé, dans la peur quotidienne

Publié le 20 février 2026 à 17:23 – Maj 24 février 2026 à 10:39

Anne-Gabrielle Heilbronner et alii

Des passants déambulent dans le Grand Bazar historique de Téhéran, en Iran, le lundi 23 février 2026.
Des passants déambulent dans le Grand Bazar historique de Téhéran, en Iran, le lundi 23 février 2026.  –  Vahid Salemi/AP/SIPA/Vahid Salemi/AP/SIPA

« Femmes, Vie, Liberté ». C’était le slogan de milliers de femmes et d’hommes qui n’ont cessé de défendre leurs droits depuis 2022 à la suite du lâche assassinat de la jeune Mahsa Amini. Les mobilisations qui ont suivi ont été portées par une jeunesse déterminée, des femmes, mais aussi des travailleurs, des étudiants, des intellectuels et des membres de la société civile dans toute sa diversité. Elles exprimaient un rejet des règles imposées par un pouvoir religieux qui contrôle les corps, les comportements et les consciences, et qui impose à sa population, et plus directement aux femmes, des normes d’une brutalité institutionnalisée.

Le soulèvement actuel, qui secoue tout le pays, a révélé la fracture profonde entre la société iranienne et un régime théocratique assassin. Le courage de cette population, qui aspire à vivre librement, a été réprimé par les autorités iraniennes avec une violence inouïe ces dernières semaines. Arrestations, condamnations, exécutions, disparitions forcées, tortures, intimidations des familles : la répression a franchi un seuil qui dépasse l’entendement.

Combien de tués ? Combien d’emprisonnés ? Combien de blessés ? Le bilan est pour le moment difficile à établir mais on craint qu’il soit terrible.

La répression s’accompagne d’un verrouillage de l’information. Les journalistes sont empêchés de travailler, les réseaux de communication sont coupés ou surveillés, les ONG sont muselées. Peu d’images, peu de témoignages parviennent jusqu’à nous. Pourtant, derrière ce silence imposé, les souffrances sont immenses. Le drame qui se joue en Iran n’a rien d’abstrait : il se vit dans les prisons, au coeur des familles endeuillées, dans l’exil forcé, dans la peur quotidienne.

Brutalité de la répression

Pourtant, malgré la brutalité de la répression, le désir de liberté perdure et s’enracine. Il s’exprime dans des gestes de résistance discrets ou ouverts, dans la solidarité, dans le refus de l’oubli. Ce mouvement est l’affirmation d’une aspiration à la dignité, à l’égalité et à la liberté.

Face à cette situation, le silence ou l’indifférence ne peuvent être une option. Trop d’entre nous en Europe demeurent silencieux. Soutenir la société civile iranienne, c’est affirmer des principes fondamentaux. La défense des droits humains, de la liberté des femmes, de la liberté d’expression et de la dignité humaine constitue un socle humaniste qui dépasse les frontières et les clivages politiques.

C’est dans cet esprit que s’inscrit l’engagement de l’Institut Aspen France. Fidèle à sa vocation de lieu de liberté de pensée, d’engagement et de réflexion éthique, l’Institut s’attache à faire vivre un humanisme actif, aux côtés de voix courageuses qui s’élèvent face à l’arbitraire et à l’oppression.

Conscients de la gravité de la situation en Iran, nous avons organisé un événement dédié, réunissant des personnalités iraniennes aux côtés des membres d’Aspen afin d’échanger sur les formes de résistance et de résilience, et d’exprimer un soutien clair au peuple iranien, tant à l’intérieur du pays que dans l’exil. Ces espaces de dialogue sont essentiels pour maintenir l’attention, refuser l’oubli et affirmer une solidarité intellectuelle et morale sur le temps long.

La liberté contre l’arbitraire

A l’issue de ces échanges, l’Institut Aspen en France réaffirme son soutien à celles et ceux qui, en Iran, continuent de porter ces valeurs au péril de leur vie. Leur lutte est celle de la liberté contre l’arbitraire. Elle mérite notre respect, notre attention, notre solidarité et notre engagement.

Anne-Gabrielle Heilbronner, Présidente de l’Institut Aspen France
Anne Genetet, députée de la 11ème circonscription des Français établis hors de France
Caroline Yadan, députée de la 8ème circonscription des Français établis hors de France
Jean-Christophe Bas, Vice-Président de l’Institut Aspen France
Nicolas Beaugrand, Partner & Managing Director, Alix Partners
Isabelle Bébéar, Directrice des affaires internationales et européennes, Bpifrance
Sami Biasoni, essayiste, docteur en philosophie de l’ENS
Pauline Boucon-Duval, Directrice générale, groupe Duval ; Young Leader Engagée 2025
Bruno Bousquié, Président, Stratégie & Gouvernance
Zélia Cesarion, Directrice de cabinet du PDG et Directrice des Relations Médias, SNCF Réseau ; Young Leader Engagée 2025
Sébastien Crozier, Directeur du Mécénat Public, Orange ; Administrateur, Institut Aspen France
Vincent de La Bachelerie, Membre du bureau exécutif de l’Institut Aspen France
David Djaïz, Essayiste ; Administrateur, Institut Aspen France, Young Leader Engagé 2020
Hadrien Ghomi, Secrétaire Général du groupe RDPI au Sénat ; Ancien député
Fabienne Haas, Partner, August Debouzy
Gilles Kepel, Politologue
Boris Jamet-Fournier, Conseiller de Paris
Daniel Kurkdjian, Président, Tsak
Pascal Lamy, Vice Président, Paris Peace Forum
David Langstaff, Chairman IDEMIA national security solutions
Robert Leblanc, Président, RL Conseil ; Administrateur, Institut Aspen France
Diane Lemoine, Directrice Générale Déléguée, Groupe L’Express ; Administratrice, Institut Aspen France
Grégoire Lucas, Partner and CEO Public Relations advisory, ForwardGlobal France
Diana Mangalagiu, Scientifique ; Administrateur, Institut Aspen France
Mustapha Mourahib, Partner, Clifford Chance ; Administrateur, Institut Aspen France
Philippe Mutricy, Directeur des Etudes, Bpifrance
Alain Perroux, Managing Partner, EY ; Administrateur, Institut Aspen France
Daniel Quirici, Founder, Echo Capital ; Administrateur, Institut Aspen France
Charles Robinet-Duffo, PDG, Groupe Henner, Administrateur, Institut Aspen France
Fahimeh Robiolle, Consultante, enseignante et ancienne ingénieure nucléaire au Commissariat de l’énergie atomique (CEA)
Caroline Ruellan, Présidente, Sonj Conseil ; Administratrice, Institut Aspen France
Sahand Saber, Avocat au Barreau de Paris
Laurent Saint-Martin, Ancien ministre, conseiller régional d’Île-de-France, Young Leader Engagé 2023
Mahnaz Shirali, Sociologue, politologue et enseignante spécialiste de l’Iran
Mario Stasi Avocat, Président de la Licra ; Administrateur, Institut Aspen France
Général, Dominique Trinquand Président, DHT conseil