«Si l’Allemagne ne veut pas de coronabonds, eh bien faisons sans l’Allemagne!»

INTERVIEW par Anne Cheyvialle

Pascal Lamy, président émérite de l’Institut Jacques Delors, a été directeur général de l’OMC de 2005 à 2013.

Pascal Lamy, président de l’Institut Jacques Delors, a dirigé l’Organisation mondiale du commerce de 2005 à 2013.

Pascal LAMY. – Il y a énormément d’incertitudes sur les évolutions sanitaires, économiques, et donc sociales, en particulier aux États-Unis et en Afrique. Même si c’est risqué, il faut pourtant absolument penser à l’après pour l’organiser. Cette crise est totalement inédite. Nous n’avons jamais vu les États, en temps de paix, ralentir à ce point l’économie pour sauver des vies humaines. Les dégâts économiques vont être importants en pertes de production et de capital. Il faut s’attendre à une forte récession. Personne ne croit à un scénario de reprise rapide en V, au mieux en U et encore, elle sera probablement très étalée.

Quel sera l’impact sur le commerce mondial?

Massif sans aucun doute mais ce n’est pas essentiel. La question derrière, c’est mondialisation ou démondialisation, et sous-jacente, celle du capitalisme de marché dont la mondialisation est la forme contemporaine. La crise nous dit deux choses. Nous sommes dans un monde globalisé, interdépendant et face à une menace, les États adoptent des réflexes de repli. Il y aura une reconfiguration de certaines chaînes de production mondiales. On pense évidemment au secteur médical.

 

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