Antoine Gosset-Grainville. Rassurant

L’ex-directeur adjoint du cabinet de François Fillon, fondateur du cabinet d’avocats d’affaires BDGS, deviendra le président du conseil d’Axa en 2022. C’est normal, il assure.

Par Sabine DelangladePublié le 14 mars 2021 à 10:20Mis à jour le 14 mars 2021 à 16:06

Rien que de plus naturel à ce qu’Antoine Gosset-Grainville devienne (en 2022) le président du conseil de surveillance d’Axa, géant de l’assurance européenne. Depuis toujours, « AGG » assure, trimballe sa silhouette élancée dans les hauts lieux de la fabrique française du pouvoir, du collège Stanislas à l’Inspection des finances. Dans quel autre pays au monde rappellerait-on dans le portrait d’un dirigeant d’entreprise les étapes de sa scolarité ? C’est ainsi. AGG n’en tire aucune arrogance. Il est « charmant », « élégant », « subtil », vous diront tous ses proches et ceux-là se comptent par centaines. On a vu mieux en termes de portrait acéré. D’ailleurs, « Le Point » titre celui qu’il lui consacre : « Le meilleur ami du CAC 40 ». « Je l’ai vu au moins 1.812 fois, complète un (autre) ami. Je ne l’ai jamais entendu dire du mal de quiconque. » N’en déduisez pas qu’il se laisse marcher sur les pieds. Il n’avait pas hésité à remettre les pendules à l’heure dans la mauvaise affaire du déjeuner avec Jean-Pierre Jouyet et François Fillon, où l’Elysée avait tenté de faire porter un chapeau un peu trop large à François Fillon. Sa « formation », il l’avait complétée auprès de Pascal Lamy à Bruxelles : « Trois années avec Pascal Lamy, c’est dix ans de formation professionnelle. » On veut bien le croire. Ses trois ans comme directeur adjoint du cabinet de François Fillon le plongent au coeur du pouvoir et de la crise financière. En créant en 2013 avec trois anciens de chez Gide un cabinet d’avocats d’affaires, métier surencombré, il prouve sa résolution : « C’est comme lancer un journal en pleine crise de la presse », résumait pour « Le Figaro » un de ses amis. Un de plus.

Sabine Delanglade

Lien vers l’article des Echos