Editorial – Pascal Lamy, Président du conseil de la mission “Santé des océans, des mers et des eaux côtières et intérieures” de la Commission européenne

L’année 2020 restera pour le monde et pour longtemps celle de l’irruption de la pandémie due au SARS-Cov-2.

Elle aura profondément affecté les activités de l’Ifremer, comme celles de l’humanité tout entière. Mais elle aura aussi, au moins peut-on l’espérer, permis de mieux comprendre pourquoi investir davantage dans la science et la connaissance de nos écosystèmes s’impose pour réduire les risques systémiques qui les affectent.

Comme on le verra dans ce rapport, les contraintes sanitaires n’ont pas empêché des projets majeurs de progresser, qu’il s’agisse du drone sous marin Ulyx ou des flotteurs décrivants Argo, ni de réorienter rapidement des ressources vers les prélèvements et les analyses pour vérifier l’absence du virus dans les eaux arrivant à la mer et dans les coquillages.

Cette année aura aussi été celle des début d’une collaboration de l’Ifremer au projet européen Starfish 2030, une initiative calquée sur le modèle de mission illustrée, dans les années 1960, par le programme Apollo. Une nouveauté dans le paysage des programmes européens consistant à faire d’investissements massifs dans la recherche et l’innovation le moteur de la réalisation d’ambitions pour résoudre quelques-uns des défis majeurs pour notre continent, en l’occurrence la régénération de notre hydrosphère. Hydrosphère entendue comme le système qui réunit les eaux de notre océan, de nos mers, de nos rivières, de nos lacs, de nos nappes. Une “mission” animée, aussi, par la conviction qu’une transformation aussi considérable ne peut advenir sans une mobilisation citoyenne sans précédent, un savoir-faire que l’Ifremer a su développer et que nous avons vu à l’oeuvre lors de l’événement dont il a piloté l’organisation en décembre dernier.

Souhaitons donc que 2021 voie le lancement de Starfish 2030, et que la perspective de ressources européennes importantes permettant des avancées scientifiques nouvelles succède au sentiment de triste impuissance qui a saisi tant d’entre nous durant cette période, qui peut être, va s’achever.