« La question fondamentale [..] c’est de savoir de combien, comment et si le Royaume-Uni va s’écarter des normes, des standards, des lois européennes »

C’est fait ! Après 47 ans de vie commune et de nombreuses scènes de ménage, les Britanniques ont quitté l’Union Européenne. Un retrait, annoncé dès le référendum de 2016, voulu par le Premier ministre conservateur de l’époque, David Cameron comme une manœuvre astucieuse et sans risque pour dompter la fronde anti-européenne au sein de son parti.

On connaît la suite : trois ans et demi d’une crise politique sans précédent, où l’on vit cette admirable démocratie parlementaire s’enliser dans ses propres détours, et l’opinion publique se déchirer comme jamais. Tandis qu’en face, sur le continent, les 27 faisaient montre d’une unité inespérée. Trois ans de négociations âpres pour fixer les termes d’un divorce que Boris Johnson, avec un indéniable talent et son aplomb ébouriffé a fini par mener à bien.

Ce matin, une fois dissipé l’ivresse de ceux qui y voient une victoire,  où en est-on d’un côté de la Manche comme de l’autre ? Le plus dur reste à faire : définir les rapports commerciaux, financiers, réglementaires, judiciaires, entre le Royaume et le continent, détricoter des relations nouées dans tous les domaines et jusque dans la vie de deux générations d’individus, aménager et ménager les intérêts des 27 membres d’une Union qui devra continuer à parler d’une seule voix. A Bruxelles, Michel Barnier attend sa feuille de route, à Londres, gonflé à bloc, Boris Johnson affirme que tout sera réglé d’ici la fin de l’année, passant outre les susceptibilités des Ecossais et de Nord-Irlandais attachés à l’Europe.

Quels risques pour le Royaume comme pour l’Union ? Quelle sera l’ampleur des divergences avec ce nouveau concurrent à nos portes ?

Pascal Lamy, président d’honneur de l’Institut Jacques Delors, et ancien directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 2005 à 2013, Philippe Askenazy, économiste et directeur de recherches au CNRS, Kevin O’Rourke, professeur d’économie à la New-York University Abu Dhabi, auteur de « Une brève histoire du Brexit » (Odile Jacob, octobre 2018), Edwige Camp-Pietrain, professeur de civilisation britannique à l’université polytechnique des Hauts de France, à Valenciennes, a participé à l’ouvrage « Bloody Brexit » (Atlande, mai 2019).

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